dimanche 19 juillet 2009


Chaque été à la fin du mois de juillet elles arrivent, à chaque fois moins nombreuses, cachées au fond des paniers de quelques vieilles paysannes. À chaque fois je me dis que cette fois c’est la dernière, que c’est fini, que dorénavant il n’y en aura plus jamais. Mais les revoilà, lisses et nacrées, comme nulles autres ; avec leur chair ivoire, translucide, au parfum délicat et puissant, un parfum envoûtant, unique. Leur peau est fine et fragile, ainsi que leur chair craquante et juteuse. Au moindre coup elles brunissent et se gâtent. Elles accompagnent nos étés pendant à peine deux semaines, puis elles disparaissent nous abandonnant à la cruelle nostalgie de leur odeur qui remplit les maisons, nous laissant au fond de la gorge le goût incomparable des soupes glacées aigres-douces à la cannelle. La soupe aux pommes de l’été.

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