En été, rester longuement couché sur le dos, en plein soleil, ouvrir les yeux vers le ciel, regarder le bleu du ciel droit dans les yeux, intensément. Alors le bleu se dérobe, des tas de petits cercles jouent devant les yeux, des tas de petits cercles aux contours incertains et changeants, comme des bulles de savon jouent devant vos yeux, vous empêchent de voir le bleu exactement comme il est, implacable.
samedi 22 août 2009
jeudi 13 août 2009
L’été ; le bourg, cité médiévale, forteresse, rempart contre la chaleur. Les pierres, les briques, les toits veloutés par les âges reçoivent le soleil et le dépensent parcimonieusement, religieusement. Tons éteints de trop en avoir reçu, thésaurisé. Le soleil dort dans les vieilles pierres de la cité.
mercredi 5 août 2009
lundi 3 août 2009
jeudi 30 juillet 2009
mardi 28 juillet 2009
Un soir d’été, une scène dans la nuit. Les jardins du Palais Royal, Paris. Silence religieux, juste avant le début du spectacle. Sur le fond sombre une silhouette, avance, lentement. Grâce et hésitation. La grâce du danseur, l’hésitation du corps usé d’avoir trop dansé. Le corps avance, seul, une chaise à la main. Douloureux symbole. Arrêt. Le jeune homme lève la tête, vous regarde de son regard espiègle. La chaise, inutile. Merce, Merce Cunningham au regard espiègle. Cet été Merce, Merce Cunningham est parti. Il est parti rejoindre John, John Cage. C’est ainsi.
Une cathédrale, le reflet des vitraux sur le sol, reflet de la rigueur d’une image. Ordonnancement à allure fortuite. Les chorégraphies de Merce, Merce Cunningham avaient la beauté des cathédrales.
dimanche 26 juillet 2009
Un matin d’été. Tôt. Quand au loin la ville se réveille lentement. Un jardin, quand le soleil y pénètre à petits pas. Silence, au loin un bruit, unique, celui d’une faux en train de couper l’herbe. En haut un oiseau, un chant, merveilleux. Il faudrait connaître le nom des oiseaux, il faudrait connaître le chant de chacun d’entre eux.
vendredi 24 juillet 2009
L’été, c’est bien connu, est la saison des odeurs. Les fleurs éclosent, les fruits mûrissent et embaument. Cependant il y a des odeurs extraordinaires, comme l’odeur qui annonce l’orage dans les champs de blé, ou celle de l’herbe à peine fauchée. Il y a aussi des odeurs insoupçonnées, l’odeur de soleil par exemple. L’odeur du soleil sur une couverture en laine chauffée en plein midi. C’est une odeur brûlante qui pique, mais combien rassurante, comme le ventre chaud d’un chat au soleil. On a envie d’y coller ses yeux fermés, d’y enfoncer son nez et de rester ainsi immobile, longtemps. Le soleil a aussi une odeur verte et dorée, celle de l’herbe dans l’après-midi sous un soleil rasant, de plus en plus clément après les grandes chaleurs d’une journée torride.
jeudi 23 juillet 2009
En été, tout juste après le solstice de l’été, il y a une nuit mystérieuse et ensorceleuse, qui est aussi une nuit de peur et d’espoir. La nuit du feu et d’une fleur. La nuit de la ST. Jean les feux s’allument et roulent du haut des collines par-dessus les eaux, tournent en formant des cercles comme des couronnes autour des têtes des hommes, comme un désir et espoir de lumière perpétuelle. Les femmes tressent des couronnes de fleurs comme des flammes autour de leurs têtes, et de leur taille, en jettent par-dessus les maisons pour conjurer le mal. C’est, dit-on, la nuit où le ciel s’ouvre et où les vierges ensorceleuses parées de ces fleurs se baignent au clair de lune dans la rosée immaculée de certaines clairières. On appelle cette rosée « eau d’étoiles ». Les fleurs sont les feux de l’été.
dimanche 19 juillet 2009
Chaque été à la fin du mois de juillet elles arrivent, à chaque fois moins nombreuses, cachées au fond des paniers de quelques vieilles paysannes. À chaque fois je me dis que cette fois c’est la dernière, que c’est fini, que dorénavant il n’y en aura plus jamais. Mais les revoilà, lisses et nacrées, comme nulles autres ; avec leur chair ivoire, translucide, au parfum délicat et puissant, un parfum envoûtant, unique. Leur peau est fine et fragile, ainsi que leur chair craquante et juteuse. Au moindre coup elles brunissent et se gâtent. Elles accompagnent nos étés pendant à peine deux semaines, puis elles disparaissent nous abandonnant à la cruelle nostalgie de leur odeur qui remplit les maisons, nous laissant au fond de la gorge le goût incomparable des soupes glacées aigres-douces à la cannelle. La soupe aux pommes de l’été.
samedi 18 juillet 2009
Dans la chaleur de l’été je dormais. Puis j’ai ouvert les yeux. J’ai senti qu’on touchait mon bras, doucement, comme une aile de papillon qui passe. J’ai tourné la tête, et j’ai vu pointer un petit museau blanc, et j’ai vu deux grands yeux ronds me sourire amicalement, m’inviter à les suivre. Le silence était parfait.
vendredi 17 juillet 2009
Quelquefois l’été en plein jour, en plein soleil, de grosses gouttes éparses se mettent à tomber. Souvent cela s’arrête là. Parfois les gouttes deviennent énormes et se transforment en une pluie comme un rideau d’eau, épais comme un brouillard, au bruit assourdissant. Malgré la violence cette eau est chaude, accueillante, et l’on aime s’y immerger, dans une espèce de béatitude. À la campagne les ruelles pavées en pente se transforment en torrents et l’on entend distinctement les grosses pierres qui roulent sous les flots. Cependant le soleil est toujours radieux. Dans le comté de Dracula on dit toujours, y croit-on encore ?, qu’alors le diable bat sa femme. Sacré macho, le diable !?!? Mais tout prend fin et sèche en un éclair, un rien de temps.